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SCOT...land

jeudi 4 février 2010, par Roger Barlet

On ne manque pas de sigles, merci !
En voilàun nouveau pour Schéma de Cohérence Territoriale.

Ce SCOT fait suite au Schéma Directeur d’Aménagement Urbain (SDAU) de la Région Grenobloise. Le Sdau voté en 2000 concernait 157 communes (Bien au delàdes 26 communes de la Métro et des 47 communes de la communauté de Communes du Grésivaudan telle que créée en 2009). Le Scot couvre un territoire encore plus large (243 communes avec Sud Grésivaudan en plus) et doit organiser le territoire pour les 20 prochaines années. Il doit être voté fin 2010 et s’appliquer dés 2011.

On peut quand même se poser de sérieuses questions : Les études préalables sont faites par l’Agence d’Urbanisme de la Région Grenobloise (AURG) et effectivement mises en forme par un syndicat mixte, superstructure où interviennent quelques élus investis de responsabilités. Mais comment seront prises les décisions d’orientation collective par l’ensemble des communes concernées et par les associations citoyennes, sans parler du citoyen de base ? Vu le calendrier très serré on peut craindre qu’il n’y ait qu’une étude et une implication très limitée des Collectivités concernées et au total une concertation purement formelle.

En fait on connaît trop bien les réponses :
– Il n’y aura pas d’étude de fond et d’appropriation des objectifs d’aménagement durable et de croissance maîtrisée par les différentes communes (concentrer le développement, maintenir des coupures àl’urbanisation, économiser l’espace, prioriser les transports collectifs….). Au passage belle occasion perdue pour notre commune qui, après 25 ans de sollicitation, avait enfin créé une commission extra-municipale d’urbanisme qui aurait pu se saisir de ces objectifs et revitaliser les unions de quartiers !
– Les associations ne seront pas sollicitées pour donner leur point de vue même si LAHGGLO (Les Associations d’Habitants du Grand Grenoble) se mobilise et si le Conseil de Développement du Grésivaudan s’apprête àproposer une réunion publique au printemps.
– Les citoyens de base seront sollicités par une enquête publique formelle àlaquelle très peu d’entre eux répondront puisqu’ils n’auront pas été sollicités au terme d’un large processus de concertation.

Du coup comme personne n’aura réellement étudié et assumé ses objectifs (densifier l’habitat et favoriser la mixité sociale, conserver les zones vertes et agricoles, favoriser les transports collectifs etc…) la mise en Å“uvre du Scot sera très partielle… au diable la prétendue cohérence !
Et comme le Scot n’est pas vraiment prescripteur les élus continueront àappliquer d’assez loin ses priorités. D’assez loin c’est quelquefois peu dire, souvenons de la création de la zone d’activité de la Bâtie, contraire àla vocation agricole de la zone, inscrite dans les textes, et qui a abouti àun ghetto de services médicaux, éloigné des lieux de vie et inaccessibles hors voiture….et on s’apprête àcréer sur cette zone un nouveau programme d’habitat, éloigné de tout !

Et dire que le Scot de Grenoble est un Scot dit « Grenelle  », Scot pilote faisant partie des 18 sélectionnés pour être un prototype, avec renforcement prévu de la capacité des intercommu-nalités àprescrire des règles et prendre en compte les documents relatifs aux continuités écologiques et au plan climat-énergie… Quel dommage !

En fait pas de miracle :
soit la démocratie communale et locale fonctionne vraiment et les objectifs de développement font l’objet d’un processus d’élaboration, d’une appropriation multipartenaires et finalement d’un consensus réellement mis en Å“uvre d’application des documents d’urbanisme ;
soit les orientations d’aménagement demeurent des intentions très formelles et restent largement des chiffons de papier qui permettent aux décideurs communaux de grignoter le territoire sans vision d’ensemble et en multipliant les dérogations.
Quelle belle occasion perdue.
Roger Barlet