GPS

Accueil > Urbanisme > Révision PLU > Le PLU : pour quoi faire ?

Le PLU : pour quoi faire ?

dimanche 26 septembre 2010, par Pascal Dubois

Le 16 septembre àl’Agora, ont été présentés les premiers éléments du diagnostic réalisé dans le cadre de la révision du PLU (Plan Local d’Urbanisme) de Saint-Ismier. Nous en rappelons les points les plus marquants et nous vous invitons àvous interroger : quel devenir voulons-nous pour notre commune ?

Les éléments statistiques rappelés dans cet article sont tirés des données disponibles sur le site www.statistiques-locales.insee.fr

Une commune « vieille  » et « riche  »

Saint-Ismier vieillit :
- le pourcentage des 60 ans et plus est passé à27% en 2007 alors qu’il n’était que 14,8% en 1982 ;
- le solde naturel d’évolution de la population est devenu négatif (il y a davantage de décès que de naissances) ;
- les effectifs d’élèves de primaire et de maternelle sont en forte baisse (53 enfants de moins cette année).

Une des conséquences de cette évolution, en conjonction avec le phénomène de décohabitation, est la baisse de la taille des ménages : 2,62 personnes par ménage en 2007. Cette baisse va se poursuivre, il faut construire 30 logements nouveaux par an simplement pour éviter une diminution de la population.

La population de Saint-Ismier est riche : le revenu net imposable moyen des foyers fiscaux a atteint 70 400 euros en 2007, alors qu’il n’était que de 32 300 euros àCrolles et de 21 500 euros àVillard Bonnot. On peut ajouter que, pour 10% de la population, le revenu par habitant dépassait 62 000 euros.

Une très faible mixité urbaine et sociale

Cela va de pair avec le constat précédent. L’habitat de la commune est constitué à82,5% de maisons individuelles, et il s’agit de grandes maisons : 68% des logements ont 5 pièces ou plus. Ces logements sont inadaptés pour les jeunes ménages et inaccessibles àde nombreuses familles en raison de leur coà»t élevé. Ils ne répondent pas non plus aux besoins des personnes les plus âgées quand elles commencent àperdre leur autonomie.

Des réalisations récentes ont fait monter le pourcentage de logements sociaux à7,2%, mais on reste très loin du seuil de 20% fixé par la loi SRU.

Un certain potentiel en matière d’équipements, de services et de commerces

Saint-Ismier est la quatrième commune du Grésivaudan en matière de population et d’emploi. Elle offre une certaine variété d’équipements, services et commerces, qui constituent une base (néanmoins incomplète) pour lui permettre de jouer le rôle de centre urbain intermédiaire qui devrait lui être dévolu par le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale).

Un cadre de vie recherché et revendiqué

Beaucoup d’habitants sont venus ou viennent àSaint-Ismier pour son cadre : paysage, nature, ambiance "villageoise", et cela aux portes de l’agglo grenobloise. Les nouvelles constructions sont souvent perçues comme venant altérer ce cadre, en mangeant progressivement les terres agricoles ou en modifiant l’équilibre de quartiers anciennement construits.

Trois remarques :
- seuls 14% des actifs travaillent sur la commune ;
- l’activité agricole reste significative : 300 hectares, 25 exploitants dont 10 ont leur siège sur la commune ;
- la densification de l’habitat est un sujet sensible : où peut-on densifier et comment faut-il le faire ?

Des objectifs qui ne fâcheront personne...mais comment les déclinera-t-on ?

La délibération du conseil municipal du 28 avril 2010 (qui a remplacé celle du 30 juin 2009 prescrivant la révision du PLU) a précisé les objectifs attendus :

- S’assurer de la conformité du PLU avec les autres documents d’urbanisme (SCOT, PLH) ;
- Réactualiser les objectifs définis dans le projet d’aménagement et de développement durable (PADD) ;
- Valoriser et préserver les sites àforte valeur patrimoniale bâtis et non bâtis ;
- Requalifier la structure urbaine de la commune par un traitement qualitatif et lisible des entrées de ville, par le traitement paysager mais également par une maîtrise du cadre bâti ;
- Assurer une cohérence urbaine entre les différents quartiers (cheminements piétons/cycles, formes urbaines, paysagères ,environnementale, etc.) ;
- Trouver un équilibre intergénérationnel et social ;
- Pérenniser l’activité agricole, encourager les commerces de proximité ;
- Etablir des objectifs de mixité urbaine ;
- Permettre la réalisation de projets d’intérêt général en adéquation avec les besoins de la population ;
- Mettre en cohérence et adapter les documents du PLU avec les objectifs du développement durable.

Au-delàde ces objectifs, qui restent assez généraux, il conviendra de veiller àce que le PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable) fixe bien une ligne politique claire (ce qui n’est pas vraiment le cas dans le PLU en vigueur).
Cliquez sur la vignette :

JPEG - 201.7 ko
PADD

Et finalement beaucoup de questions

Voici une série de questions (non exhaustives !), qui débordent parfois le strict cadre du PLU, mais qu’il nous paraît indispensable de poser :

Faut-il stopper le vieillissement de Saint-Ismier ?
Pour ceux qui sont de cet avis :
- Ãªtes vous d’accord pour dire que le principal obstacle àl’accueil de jeunes et de familles avec enfants est le coà»t des logements ?
- soutiendriez-vous une politique municipale plus volontariste en matière d’acquisitions foncières, permettant de faire échapper une partie des terrains constructibles àla poursuite de la hausse des prix ?
- les terrains ainsi réservés devraient-ils être affectés en priorité ou non àla construction de logements sociaux ?
- pensez-vous qu’une telle politique puisse justifier une hausse de vos impôts locaux (par exemple, dégager 2 millions d’euros par an conduirait àun prélèvement de 1% sur le revenu net imposable total des ismérusiens _ en valeur 2006) ?
- préféreriez-vous une autre solution, consistant àtaxer fortement les plus-values immobilières lors des mutations (une telle solution est du ressort de l’Etat) ?

Quels objectifs de mixité sociale ?
- quel objectif vous paraît souhaitable pour l’augmentation annuelle du taux de logements sociaux (une part de 1% supplémentaire correspond à25 nouveaux logements) ?
- pensez-vous qu’augmenter le nombre de logements sociaux àSaint-Ismier justifie un plus grand effort de solidarité de la part des habitants actuels ?
- faut-il disséminer les logements sociaux dans les différents quartiers ? Comment faut-il les localiser (proximité par rapport aux transports en commun, aux équipements et aux commerces notamment) ?

Faut-il continuer àconstruire et comment ?
Si l’on veut améliorer la mixité générationnelle et sociale, il est nécessaire de construire de nouveaux logements (cf. ci-dessus). On sait d’autre part que le SCOT a identifié comme un grand enjeu la limitation du phénomène de péri urbanisation. D’où les questions suivantes :
- faut-il limiter très fortement les possibilités de constructions non aidées ?
- faut-il pour ce faire réduire l’étendue des zones constructibles ?
- faut-il n’accepter des opérations de densification urbaine que dans des lieux bien choisis (proximité des transports en commun, équipements, commerces) ?
- pour maîtriser la qualité de formes nouvelles de construction sur notre commune (collectifs, individuel dense ou groupé), faut-il avoir recours très largement àdes orientations d’aménagement détaillées ?
Cliquez sur la vignette :

JPEG - 228.8 ko
Orientations d’aménagement

Quels équipements, quels aménagements ou réaménagements urbains ?
Les besoins en équipements sont fortement liés àl’évolution démographique des années futures : la population continuera-t-elle àvieillir ? Quelle sera la part des enfants, des ados ? Il faut aussi tenir compte des besoins intercommunaux.
- ne convient-il pas d’étudier conjointement les possibilités de densification et d’implantation des nouveaux équipements ? et, àl’issue de cette étude, de fixer des emplacements réservés ?
- Ã l’inverse ne doit-on pas réduire la vaste zone réservée aux équipements publics ou parapublics située en-dessous de la voie en S (cimetière, déchetterie, aire des gens du voyage, caserne de pompiers en projet...) , cela en pleine zone agricole ?

D’autre part certains aménagements ou réaménagements de voiries, espaces publics, cheminements « doux  » sont nécessaires.
(Voir :"Visite commentée de Saint-Ismier")

Avez-vous une expérience àfaire partager, un avis sur certains aménagements ?
(Voir : "Aménagements de voirie, des habitants s’expriment")

Quel développement des activités sur la commune ?

Le SCOT recommande d’accroître la proportion des emplois accueillis dans les secteurs périphériques àla Métro. Il recommande aussi de réinsérer le commerce dans la ville, au service de la proximité, de la qualité urbaine et de la vie sociale.
- comment faut-il faire évoluer le quartier de La Bâtie ? faut-il y implanter d’autres logements ? des logements sociaux ? d’autres activités ? une certaine intégration est-elle possible ? comment ?
- faut-il faire évoluer le projet Isiparc (dont les travaux ont démarré) ?
- sur ces questions, vous paraît-il souhaitable que la concertation soit renforcée au sein de la communauté de communes du Grésivaudan, avant toute prise de décision par les communes ?
- comment peut-on garantir aux agriculteurs une activité pérenne et rentable ? seriez-vous prêt àfavoriser plus largement dans vos achats les produits locaux ?

Comment limiter l’usage de la voiture ?
A Saint-Ismier la voiture est reine : en 2006, 66% des ménages possédait deux voitures ou plus. Le recours massif àla voiture individuelle est l’une des conséquences néfastes de la péri urbanisation. Dans le Grésivaudan, la part des déplacements par transport en commun ne représente que 5% : les transports sont responsables à36% de l’émission de gaz àeffet de serre. Des pistes possibles (hormis la réalisation d’un TCSP, qui est sans doute àéchéance plus lointaine) :
- avez-vous réfléchi aux conséquences pour votre vie quotidienne d’une augmentation du temps de parcours pour vous rendre àvotre lieu de travail et en revenir ? y-a-t-il une limite qui vous paraît insupportable ?
- accepteriez-vous de pratiquer le covoiturage pour aller travailler ? àquelles conditions ?
- accepteriez-vous d’examiner sans a priori des propositions de ramassage inter-entreprises ou inter-administrations ?
- la création d’une voie réservée aux bus de Montbonnot àGrenoble, avec bus directs, serait-elle de nature àvous faire abandonner votre voiture ?
- en heures creuses, pensez-vous àorganiser vos déplacements, de façon àen limiter le nombre ?
- la limitation de la vitesse sur l’autoroute (à70 km/h) serait-elle de nature àlimiter vos déplacements vers Grenoble ?
- certains aménagements seraient-ils de nature àvous faire réduire votre nombre de déplacements en voiture sur le territoire de la commune ?

En conclusion

Réfléchissons àcet extrait du diagnostic du SCOT :

« Des inégalités sociales et territoriales qui continuent de croître :

Parmi les nombreux critères qui peuvent définir un territoire, le niveau de revenu des populations qu’il attire et qui peuvent s’y loger est certainement le plus important.

Les écarts de revenus sont très importants entre les plus riches qui peuvent s’installer sur les balcons les plus attractifs, situés àla périphérie immédiate des grands pôles d’emplois et de services et ceux qui doivent s’éloigner, parfois très loin, sur des territoires encore àcaractère rural, pour répondre àleurs aspirations. Ces écarts sont souvent encore plus importants avec ceux qui n’ont pas le choix et doivent opter pour certains quartiers ou communes de l’agglomération qui concentrent les populations les plus en difficulté.  »

Il appartient àchacun de nous de contribuer àchanger ou non cette situation.