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Qui sont les Roms ?

mardi 25 janvier 2011

Mardi 25 Janvier 2011, La première session du cycle « Je m’informe, je me forme » a eu lieu àSt-Ismier sur le thème : Qui sont les Roms ? Faut-il les accueillir ? Peuvent-ils s’intégrer dans notre société ? Quelle différence entre eux et les gens du voyage ?...

Les 25 participants ont été extrèmement intéressés par la présentation d’Adèle DUMONTIER de l’Association ROMS ACTION et par les échanges qui ont suivi.

Plan 
- Présentation de l’intervenante et de Roms action
- Qui sont les Roms ? problèmes de vocabulaire
- Les Roms en Roumanie
- Les Roms àGrenoble
- Le travail de Roms action
- Le témoignage de Marie, membre des Gens du voyage

Adèle Dumontier, salariée àRoms action, une association locale créée en 2003 qui travaille auprès des Roms d’origine roumaine de l’agglomération grenobloise, est venue partager avec nous sa connaissance des Roms.
L’association Roms action est financée par le Conseil Général, la mairie de Grenoble, la Mairie de Fontaine et la METRO. Elle est en attente de subventions européennes. Elle travaille en lien étroit avec les CCAS et d’autres associations telles Un Toit pour tous et l’APMV (Action et Promotion en milieu Voyageur).

Les Roms sont des populations originaires du Nord de l’Inde qui ont commencé àmigrer vers l’ouest au XIe siècle et qui arrivent en Europe au XIVe siècle. Ils sont désignés en Europe sous les noms de Gitans, Tsiganes, Manouches, Romanichels, Bohémiens, et Sintis. Roms est le terme adopté par les membres de l’Union romani internationale pour se désigner.
En français, le terme « Â Gens du voyage  » est un terme juridique et administratif qui désigne dans le droit français une population non sédentaire, de nationalité française, dont certains sont d’origine Rom.
Par contre les Roms au sens français du terme ne font pas partie des Gens du voyage. Ce sont des ressortissants de l’Union européenne, majoritairement roumains et bulgares, arrivés pour la plupart en France après la chute du Mur.

En Roumanie la population rom a été victime de discriminations pendant des siècles. Ils furent réduits en esclavage pendant 500 ans, du XIVe au XIXe siècles, puis victimes de la politique d’homogénéisation sous le régime communiste de Ceausescu qui a détruit les savoir-faire traditionnels (ferrailleurs, chaudronniers, rétameurs, chiffonniers, saltimbanques, musiciens) en les obligeants notamment àse sédentariser. C’est une population qui ne possède pas de terres dans une société rurale, une population en grande majorité sans emploi, vivant dans des conditions misérables et, encore aujourd’hui, victime de discriminations, donc contrainte àmigrer pour survivre.

Les Roms disent choisir la France àcause des nombreuses associations caritatives, du contenu de nos poubelles, et de « l’accueil  »Â : même s’ils ne récoltent pas d’argent quand ils mendient, au moins ne reçoivent-ils pas de coups !
La population Rom de l’agglomération grenobloise compte àce jour de 400 à500 personnes, soit environ 80 familles vivant dans la plus grande précarité le plus souvent sur des aires d’accueil ou dans des squats. Elles essaient de vivre de leurs métiers traditionnels ou de la mendicité. Pourtant, beaucoup de ces personnes souhaitent pouvoir retourner en Roumanie.
Les Roms roumains sont dans une situation d’autant plus difficile que leur statut est provisoire. La Roumanie est entrée dans L’Union européenne en 2003, mais est encore en période transitoire jusqu’en 2014. Pour l’instant les roms bénéficient du droit de libre circulation mais sont expulsables au bout de trois mois s’ils ne peuvent justifier de revenus. L’obtention d’un titre de séjour reste soumise àl’obtention d’un emploi. Or le travail n’est autorisé que dans 150 emplois, regroupés en 7 corps de métier (nettoyage, restauration, bâtiment…) C’est une démarche longue : il faut trouver un employeur qui accepte de faire une promesse d’embauche, sachant que la personne ne pourra commencer àtravailler que plusieurs mois plus tard, car un dossier est alors àremplir par l’employeur et l’employé, dossier qui doit être déposé àla préfecture. Suit une attente de deux mois environ. De plus l’employeur doit payer une taxe d’embauche pour employer un travailleur étranger.
Lors des expulsions de cet été, certains étaient volontaires pour repartir en Roumanie car non seulement le retour se fait aux frais de l’Etat français, mais les volontaires reçoivent une prime de 300 € par adulte et de 100 € par enfant, une petite fortune quand le salaire minimum en Roumanie n’est que de 150 € (ce qui est insuffisant pour tous).

L’intervenante nous a présenté également le travail de Roms action : un accompagnement social plutôt qu’une aide caritative. N’hésitez pas àconsulter le site très documenté de l’association.

Parmi nous étaient présentes quelques personnes du voyage dont Marie, qui fait partie des « Â gens du voyage  », mais qui, par solidarité, se présente comme Rom de nationalité française et qui connaît depuis plusieurs années les Roms de l’agglomération. Elle a pu témoigner de façon très concrète sur les difficultés que rencontrent ces familles confrontées quelques fois àla violence ou àla prostitution. Elle a encouragé l’assistance àvenir en aide àces personnes en danger, notamment pendant ces périodes de grand froid.
Ce témoignage très personnel a été précieux.

Si vous souhaitez apporter votre soutien, la possibilité vous est offerte d’apporter vos dons : argent, pétrole pour appareils de chauffage, vêtements d’enfant et nourriture, surtout pour enfants, àla cure de Montbonnot. Marie se chargera de la distribution, l’expérience de la discrimination ayant rendu les familles roms très prudentes quant àl’entrée des étrangers sur leur ‘territoire’.