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MALADIE D’ ALZHEIMER ET MALADIES APPARENTEES

jeudi 26 mai 2011, par Marie-Noë lle Vial

Conférence organisée par la commune de Crolles le 12 avril 2011 àl’espace Jargot.

Patricia Morand, conseillère déléguée au social, au logement et àla solidarité ouvre la conférence en disant qu’elle fait partie d’un cycle de conférences organisées par la mairie, le conseil général et le centre de prévention des Alpes. La première de celles–ci intitulée « Â Le bien vieillir  » a eu lieu àl’automne dernier, l’intervenant étant le docteur Samson du centre de prévention des Alpes.

Ces rencontres sont subventionnées par la commune et le conseil général et gratuites pour le public.

L’ intervenante est le docteur Blanc–Brude, médecin gériatre exerçant au centre de prévention des Alpes et actuellement au centre d’accueil de jour des Alpins de Grenoble. Elle précise que le centre de prévention fait des bilans de santé pour des personnes se plaignant de troubles de la mémoire qui ne sont pas toujours en lien avec la maladie d’ Alzheimer.

LA DEMENCE 

Elle se traduit par l’ augmentation progressive des troubles des fonctions cognitives ayant un retentissement dans la vie quotidienne. limitant l’ autonomie de la personne (gestion administrative, financière, repas, hygiène...) dominée par des troubles de la mémoire.
Cependant l’entrée dans la démence ne se manifeste pas toujours par des troubles de la mémoire.
Il y a beaucoup de maladies et de malades très différents. C’est un défi pour les chercheurs, les médecins, les soignants, les familles, la société et la santé publique.

LES SIGNES DE DEBUT : ce qui peut alerter.

Les troubles de la mémoire : la fréquence des oublis (nom des proches, faits récents, rdv... ) et leur incidence sur la vie quotidienne.
Les troubles du langage : manque de mots, emploi d’un mot àla place d’ un autre, difficulté d’ écriture ou d’orthographe.
Les troubles d’orientation dans l’espace et dans le temps.
Les troubles du comportement et de la personnalité ( tendance às’ isoler, se replier, sautes d’ humeur, trop grande familiarité, désinhibition ).

Ces manifestations peuvent aussi relever d’un état dépressif, d’un état de confusion mentale aigu, d’où la nécessité de consulter, de faire un bilan mémoire àvisée préventive et la possibilité de participer si besoin est àun atelier mémoire.
Il faut noter chez certaines personnes une tendance àêtre dans le déni quand elles débutent une
maladie d’ Alzheimer.

Il y a actuellement 850 000 personnes souffrant de cette maladie dont environ 1000 en ont une forme héréditaire.

Elle touche environ 5% des personnes âgées de plus de 65 ans et 20% de celles qui ont dépassé 85 ans mais 10% des malades ont moins de 65 ans et la maladie peut se manifester dès l’âge de 30 ans.

ALZHEIMER...QUE SAIT – ON ?

- Histologie : existence de plaques séniles.
Dégénérescence neurofibrillaire.

- Radiologie : atrophie de l’hippocampe et des lobes temporaux.

- Scanner, IRM : élargissement des sillons.

- Génétique : les formes héréditaires sont rares. Il peut y avoir des anomalies génétiques sur les
chromosomes 19 et 21 mais une anomalie de ce type ne signifie pas forcément maladie
d’ Alzheimer et certaines personnes atteintes de cette maladie n’ ont pas d’ anomalie génétique.

- Biochimie : manque de sérotonine, de dopamine...

LE TRAITEMENT

Il y a actuellement un vaccin àbase de peptide A bêta synthétique en cours d’expérimentation.
Contacter le docteur Moreau au CHU de Grenoble.

LE DIAGNOSTIC

Il est important que le diagnostic soit précoce afin d’informer les familles sans forcément informer la personne soit que le médecin juge que ce n’est pas opportun ou que la famille ne désire
pas le faire.
Il est possible d’ être aidé par un psychologue, une consultation privée, l’hôpital, le centre de prévention.

L’ annonce de la maladie, la mise en place d’aides et le placement en institution si c’est incontournable sont des moments difficiles àbien réfléchir.

APRES LE DIAGNOSTIC

- Communiquer 

Apprendre àcommuniquer avec les patients n’ est pas évident pour les soignants, la famille
et les aidants. C’est important mais ce n’ est pas inné.
L’association France Alzheimer Isère organise sur ce thème des formations de5 jours.

- Soigner 

Il faut trouver le juste équilibre dans la prise de médicaments et envisager une prise en charge thérapeutique : massages, ergothérapie, psychomotricité...

- Aider au quotidien 

Il faut avoir recours tôt aux aides ménagères, au Kiné, au portage des repas àdomicile, aux prestations des infirmières et des auxiliaires de vie. Il faut penser àl’accueil de jour, àl’ hébergement temporaire et prévoir l’ entrée en institution.

- Corriger 

Il faut penser àcompenser au maximum les fonctions perdues et aménager l’ environnement.

- Communiquer avec le patient :

En attirant son attention.
En parlant lentement avec des phrases courtes et une idée àla fois.
En posant une seule question àla fois et en reformulant sa question si l’on n’est pas sà»r que la personne àcompris.
En s’ exprimant de manière douce en évitant de dire non si la personne demande quelque chose qui n’ est pas possible.
En évitant de contredire, de gronder si la personne est en colère et en validant la colère de celle-ci. On peut alors lui dire : « Â Tu es en colère, est-ce qu’on pourrait parler de ta colère ? On essaie de rejoindre l’autre dans sa réalité. Il en est de même pour des hallucinations : « Â Â Est-ce que ça te fait peur ? Ah tu vois des personnes sur la route ?

Il faut que les aidants prennent soin d’ eux en faisant appel aux aides dont peuvent bénéficier les malades, en allant aux consultations pour les aidants familiaux et en participant àdes groupes de parole d’ aidants organisés par le conseil général.

En conclusion

Contrairement àce que l’on pourrait penser, ce qui protège le mieux la mémoire, c’est le jardinage, le bricolage, les voyages, la vie relationnelle, l’activité physique régulière.

NB : une jeune femme de 38 ans atteinte de troubles de la mémoire qui déboucheront sur la maladie d’ Alzheimer nous a présenté l’association AMADIEM (aime le jour malgré la maladie) de Crolles qui envisage de créer une maison, vrai lieu de vie pour les malades de moins de 60 ans On peut contacter cette association àl’adresse suivante : amadiem.fr ou amadiem.com.