"Sur l’Europe" Jürgen HABERMAS Ed. Seuil

dimanche 4 mars 2012
par  Joël Daniault

Jürgen HABERMAS, philosophe allemand, proche de Joska FISHER, était partisan de l’adoption du projet de constitution européenne qu’il a essayé de défendre à l’occasion du référendum en France.

Il a vécu comme une catastrophe électorale le succès du non aux deux référendums en France et en Hollande. Il a cependant salué l’organisation de ce référendum en France qui a donné lieu à des débats démocratiques.

Avant les élections européennes de 2009 il pensait que si l’on ne parvenait pas à faire de la question centrale la finalité de l’Europe, le sort de l’Union serait scellé dans le sens du libéralisme :
« ….laissons agir la dynamique du marché commun et nous verrons la capacité de l’Union européenne à se construire politiquement disparaître totalement au profit d’une zone de libre-échange européenne s’élargissant de manière diffuse. »
Pourtant, il lui semble évident que : « ….les gouvernements qui inclinent à l’interventionnisme plutôt qu’au néolibéralisme ne pourront donner corps à l’idée qu’ils se font du modèle social européen qu’en s’appuyant sur une Union européenne dotée d’une capacité internationale. »

Et ce modèle social ne peut être défendu que si la politique est capable de revenir au niveau des marchés. Et HABERMAS ajoute : « Une gauche active et lucide aurait déjà depuis longtemps incité à une harmonisation beaucoup plus poussée, y compris dans les domaines de la politique économique et sociale. »

D’autre part, il se trouve que l’Europe se caractérise par un déficit de démocratie, or les Européens ne peuvent acquérir une compréhension politique d’eux-mêmes qu’en s’appuyant sur des processus démocratiques, aussi, prévient-il : « ….les élites feraient bien de réfléchir aux limites d’un mode de gestion bureaucratique. Le temps est venu qu’ils définissent les conditions dans lesquelles la question controversée de la finalité de la construction européenne pourra tout simplement être débattue par les citoyens eux-mêmes comme un thème constitutif de leur identité politique européenne, ouvrant des perspectives d’avenir. Cette identité politique dont l’Europe ne pourra se dispenser si on veut qu’elle acquière une capacité d’action, ne pourra se forger que dans un espace public transnational. »

Mais doter nos institutions à Bruxelles et à Strasbourg de capacités d’action démocratiquement légitimées doit s’accompagner d’une autre finalité : « …il faut aussi faire admettre la validité de certaines des cosmoplitiques susceptibles de favoriser un ordre international différent. »

Pour HABERMAS , l’échec des référendums réjouit les néolibéraux, aussi bien les néoconservateurs aux Etats-Unis que les xénophobes en Hollande ou ailleurs en Europe.

Notes de lecture Joël Daniault
Saint-Ismier le 05/02/12


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