« La politique c’est nul »

mercredi 20 juin 2012

Une partie de cet article est paru dans la Gazette. Sylvain Rodinson, journaliste à Radio Grésivaudan, a participé aux rencontres que nous avons proposées aux jeunes. on peut écouter son émission :

Radio Grésivaudan

À l’heure initiatique, dans une société qui pratique l’exclusion à grande échelle (en plus de la discrimination, la stigmatisation, la culpabilisation, la hiérarchisation, la compétition, la délation...), se définir en tant qu’être social, intégré et responsable relève de la gageure. Si de surcroît on caresse l’idée, pour peu qu’on en ai entendu parler, de faire siennes les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité, le dilemme devient quasi insoluble.

L’idéologie qui consiste à prétendre qu’« on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » s’est en effet étendue jusqu’à nos propres voisins, amis et familles. Le monde serait injuste par nature, et la vie, un combat. Réussir se mesure de plus en plus, comme il est d’usage en Amérique à établir son poids en dollars et à l’illustrer par l’exhibition de signes ostentatoires en forme de Rolex® ou de Hummer démesurés. Des valeurs qui s’accommodent mal des notions de citoyenneté et de solidarité.

Alors qu’être tend à se confondre avec avoir, devenir avec mériter, exister avec s’exhiber et qu’on nomme réseau social le miroir aux alouettes qui dresse un écran d’onanisme narcissique devant l’horizon de nos rêves, prétendre participer, en chair et en os à un débat démocratique relève quasiment de la blague de potache.

« La politique c’est nul », voici le leitmotiv d’une banalité affligeante qu’à voulu démentir GPS (Groupe Progrès Solidarité) en proposant de démontrer, exemples à l’appui, que le monde, géographique, social, politique, économique n’est pas une réalité qu’il appartient à des technocrates de gérer de façon plus ou moins libérale, mais bien une construction, un édifice que chacun d’entre nous bâtit en y apportant, jour après jour, sa pierre. Encore révéler que s’abstenir n’est pas militer pour le droit à ne pas choisir mais au contraire accepter de se soumettre à la dictature majoritaire.

Cette démonstration, les élèves des lycées horticoles de Saint-Ismier et du Grésivaudan de Meylan ont pu en bénéficier et au moins se sentir pour une fois concernés, impliqués et écoutés comme des citoyens à part entière, à l’égal de leurs aînés. La démarche du groupe GPS, sans pouvoir répondre à toutes leurs questions, leur a permis de se sentir légitimes à les poser et, c’est un journaliste qui vous le dit, le droit de poser des questions est un des fondements majeurs de la démocratie.

Trois séances qui se sont achevées Mardi 3 avril par la présentation, par cinq jeunes engagés dans les partis et dans la campagne, des programmes, des valeurs de leurs formations respectives et les motifs de cet engagement. Une proximité générationnelle qui a permis à certains de mieux saisir pourquoi et comment on pouvait (devait) de spectateur passif, devenir un acteur impliqué de la vie sociale.

Enfin ce fût, ils me l’ont confié, pour les membres de GPS un salutaire bain de jouvence qui renforce la conviction du nécessaire dialogue inter-générationnel qui remplacerait de temps en temps avec bonheur les exigences formatées et le contrôle disciplinaire.


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